Retrouvez l’animation de Virginie Symaniec Samedi 14 septembre à partir de 14h 

Dans une société où la consommation est frénétique, une consommation réfléchie émane et devient plus qu’un concept. Le label d’édition « le ver à soie » s’inscrit dans une ligne éditoriale éco-responsable. Lire un livre est simple, mais l’heure n’est plus aux petits plaisirs personnels. Lorsqu’on termine un livre ce dernier est souvent abandonné sur une étagère attendant qu’on lui redonne l’attention qu’on lui aurait donné au début, dans l’attente de pouvoir être relu et d’ôter la poussière qui s’est accumulé au fil du temps.

Du temps, c’est ce qu’il faut pour qu’un poème se transforme en fleur et non en poussière. Pour Virginie Symaniec, un ouvrage est plus qu’un amas de papier, grâce aux graines à planter la lecture de vers ou de rimes prends un sens symbolique, celui de l’efflorescence pérenne.

 

1 / Quel a été votre motivation pour créer votre entreprise ? 

Au départ c’était par nécessité, parce que je viens d’un milieu celui de la recherche je n’ai pas eu de poste pendant une bonne quinzaine d’années, j’ai dû déforester à peu près la moitié de la forêt amazonienne en envoyant des dossiers de candidature dans des institutions. A un moment je me suis dit qu’i fallait que ça se cesse, de construire quelque chose pour moi et qui me ressemble, de manière à me réparer de tout ça. Le déclic a donc été de vivre ou pas. Je me suis posé la question de savoir ce que je savais faire et je ne savais pas faire grand chose à part lire et écrire et je me suis dit que j’allais utiliser ma propre expérience non pas pour chercher pour les autres mais pour chercher pour moi. Je me suis dit que j’allais construire un catalogue sur tout ce qui avait été présenter comme négatif. J’allais transformer tout ça par quelque chose de positif.

 

2 / Peut-on dire que votre label s’inscrit dans un cycle naturel ? Dans un souci d’écologie

Au départ je n’envisageais pas le livre de cette manière je l’envisageais dans un cadre qui est le mien c’est-à-dire dans un cadre strictement occidental qui est une culture de la possession, on a un livre, on le garde, à la limite on va se l’approprier, on peut écrire dessus, prendre des notes, le corner, se battre avec ou alors tout faire pour qu’il soit le plus immaculé possible et absolument ne pas l’abîmer, chaque personne à sa façon d’être au livre. Ce qu’apporte le papier à ensemencer c’est une autre culture face au livre celle de la séparation. On peut écrire un texte le planter et s’en séparer. Et là en effet on retrouve une histoire de cycle, de retour à la terre.

3 / Est ce qu’il y a une saison propice ? (Pour planter les recettes ou les poèmes)

Quand j’ai testé j’ai du suivre les saisons aussi, tout dépend si on est en pleine terre ou pas, si on veut le faire en pleine terre il faut absolument suivre les saisons c’st une manière de se remettre au calendrier de la nature. Moi j’ai fait des expériences tout simplement dans ma petite cuisine dans des jardinières dans des pots, j’ai gardé un pot de carottes comme ça pendant deux ans, mais c’était des carottes d’intérieurs. Et après c’est très intéressant pour les enfants, dans le cadre de la carotte elle est très versatile elle a besoin d’une terre qui est un peu plus meuble que d’autre mais si on lui met des petits obstacles elle va prendre la forme de l’objet du coup on fait des carottes magiques, rondes etc.

 

4 / Vous éditez sans limitations de frontières ou d’origines, comment trouvez-vous vos écrivains ?  

Pour les poèmes je les choisis moi car j’ai ma ligne éditoriale qui est beaucoup autour du mouvement , du dépassement. Pour ce qui est des romans, des livres de jeunesse là en revanche se sont des écrivains ou des traducteurs qui viennent me voir et on me propose des projets et si le projet me touche et rentre dans ma ligne éditoriale alors oui je vais tout faire pour le faire et là je déclenche tout le processus de fabrication. Mais moi en tant que telle je ne cherche pas d’écrivains, en France aujourd’hui tout le monde écrit, c’est quelque chose d’extraordinaire, beaucoup de gens cherchent à faire éditer , ça m’intéresse d’être dans le contemporain de faire découvrir des auteurs qu’on découvrirait pas autrement.

5 / Est-ce un achat hédoniste ou pour faire plaisir ?

Faire plaisir aux autres. La générosité des gens, quand ils voient les poèmes, les livres c’est tout de suite « ah mais ça, ça me ferait plaisir à moi mais à qui je pourrai l’offrir ? » immédiatement. On s’imagine que les gens sont méchants mais en fait ils adorent faire plaisir et offrir des choses et dans cette curiosité là ce que je ne m’attendais pas du tout c’est à quel point les gens aiment la poésie et ont soif de poésie. C’est une de mes grandes découvertes. Depuis 2 ans maintenant, les gens viennent à mon stand, connaissent les poèmes, les récitent, et ça leur faire plaisir de réciter de la poésie. On peut offrir de la poésie pour se faire du bien, beaucoup plus que pour se faire plaisir à soi. 80 % des gens achètent pour offrir.

 

6  / La fabrication est-elle française ?

La fabrication est française. Je ne fabrique pas les papiers donc je vais faire appel à un fournisseur, et à partir de ce papier je vais construire des objets. J’achète beaucoup du papier mûrier du papier de soie, je m’intéresse au papier, je cherche de plus en plus essayer de voir ce qui se fabrique et à un moment donné on tombe sur les papiers ensemencer et ça c’est extraordinaire, une des plus belles inventions du 21° siècle.

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